Troisième volet d’un triptyque dédié à la Musique de Ville.
Dans cette création, tout le monde est musicien, il n’y a pas de public passif. Les chefs d’orchestre dirigent par leurs gestes une oeuvre interprétée par le public, «exécutants» organisés en pupitres.
À force de jouer de la musique dans la rue, à force de rechercher les sons de la ville, à force de rugir les mobylettes et de sonner les cloches, à force de vouloir faire entendre ce que j’entends de la ville, à force de plonger sans cesse les auditeurs dans le bain sonore, j’éprouve, aujourd’hui, le désir de faire partager mon désir, de faire jouer pour faire entendre, de retrouver l’étymologie du mot concert : agir dans un but commun.
Alors je repars des sons de 1000 personnes rassemblées, du public qui va, par son propre plaisir, produire des univers sonores inouïs, avec la bouche et le corps, le sachet plastique du supermarché, le ballon qu’on gonfle, la casserole qu’on frappe, le téléphone qui sonne.
Dans ce monde où une musique morte, omniprésente et tyrannique, m’est devenue inaudible, c’est cette formidable matière sonore, dirigée, accompagnée, malaxée, qui nourrit mon plaisir de faire entendre à toutes les oreilles une musique extraordinairement VIVANTE.
Pierre Sauvageot
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